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Lettre N°144 - Décembre 2016

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Botox, nouvelle arme contre l’incontinence

La France et les Etats-Unis viennent d’autoriser les injections de toxines botuliques en cas de maladie neurologique, et des recherches sont en cours pour adapter la technique aux millions de personnes concernées par cette pathologie gênante.

On utilisait déjà les toxines botuliques pour effacer les rides, réguler la transpiration excessive des aisselles et réduire les migraines. Voilà que l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) et son équivalent américain (FDA) autorisent le recours au Botox, produit star de la société Allergan, pour traiter l’incontinence urinaire chez des personnes souffrant de troubles neurologiques.

Les malades atteints à la moelle épinière ou souffrant de sclérose en plaques peuvent avoir une vessie hyperactive, qui se contracte de façon anarchique. Mais il y a une dizaine d’années, le Pr Brigitte Schurch, aujourd’hui médecin chef au Centre de continence Hirslanden en Suisse, a l’idée d’injecter du Botox, que l’on utilisait déjà pour diverses indications neurologiques, dans le muscle de la vessie car il a la propriété de paralyser les nerfs et donc de restreindre les contractions. La technique a ensuite été utilisée dans un cadre d’expérimentation clinique en collaboration avec des urologues français, dont le Pr Emmanuel Chartier-Kastler, qui se réjouit de l’autorisation de mise sur le marché (AMM) officialisée fin août. « C’est une propriété fabuleuse désormais utilisée régulièrement dans nos services (à la Pitié Salpêtrière) prenant en charge les handicapés », confie-t-il au Figaro.

Efficace 6 à 9 mois

Les injections de Botox se font sous endoscopie, au cours de laquelle on introduit une sonde munie d’un éclairage dans l’urètre, explique au Figaro François Haab, chef de service d’urologie qui pratique cette opération depuis 5 ans à l’hôpital Tenon à Paris. Les patients sont opérés sous sédatif mais ils peuvent quitter l’hôpital dans la journée. L’effet dure entre 6 et 9 mois. Il faut ensuite renouveler l’opération.

L’efficacité du Botox pour traiter ces patients a été démontrée par plusieurs essais cliniques. Selon la FDA, les effets secondaires principalement remarqués ont été une infection du conduit urinaire ou une rétention d’urine - quand le produit est tellement efficace que le malade ne peut plus contracter sa vessie. Le Pr Haab affirme que ces désagréments sont rares. Quant à la possibilité de voir la toxine botulinique paralyser d’autres parties du corps - un risque qui avait fait l’objet d’une mise en garde de l’Afssaps en 2007 - il assure qu’elle est très faible. « La dose globale que nous injectons est certes élevée, mais nous l’administrons sous la forme d’une trentaine de petites piqûres. Ainsi, si on touche un vaisseau, la quantité de toxine diffusée dans le sang est réduite ». Au final, « le Botox présente moins d’effets collatéraux que les médicaments utilisés pour traiter cette pathologie, qui peuvent faire la bouche sèche ou causer des troubles oculaires ou de la mémoire. En outre, il est plus efficace », estime-t-il.

Des millions de personnes potentiellement concernées

Pour autant, il n’est pas question de proposer systématiquement des injections de Botox à tous les patients, car elles sont contraignantes. Outre qu’une opération est forcément plus lourde qu’un traitement médicamenteux, le traitement au Botox implique un inconfort majeur : le patient est contraint de vider sa vessie lui-même à l’aide d’une sonde, 4 à 6 fois par jour. Un geste qui s’apprend et qui n’est pas toujours bien accepté. « Mais les patients qui en viennent à être traités au Botox sont souvent déjà sous auto-sondage », remarque le Pr Haab. Le malade continuera donc à se voir proposer dans un premier temps les médicaments, car ceux-ci fonctionnent bien malgré les quelques effets secondaires mentionnés plus haut. « L’autorisation de mise sur le marché de l’Afssaps précise bien que les médecins ne pourront envisager le Botox qu’en seconde intention, si les médicaments sont mal tolérés ou sans effet », souligne le Pr Haab.

En France, des dizaines de milliers de personnes seraient concernées par l’incontinence due à des troubles neurologiques. Mais elles ne représentent que 10% des personnes touchées par les fuites urinaires, dont le total pourrait atteindre les 3 millions dans l’Hexagone. Un marché gigantesque à l’échelle mondiale qui intéresse la société américaine commercialisant le Botox. Une étude est actuellement en cours pour étudier l’efficacité du Botox pour l’incontinence dite « d’origine inconnue ». Le Pr Haab se montre confiant : « Il s’agit de trouver la bonne dose. C’est plus compliqué, mais je pense qu’on finira par y arriver ».

Pauline Fréour- Le Figaro - 30/08/2011

La fiche information de l’AFU, SIFUD et du GENULF sur la toxine botulique

Dernière mise à jour : 2013-02-06 11:13:00
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