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Glossaire de la douleur

A

Algodystrophie

Voir Syndrome douloureux régional complexe.

Allodynie

Douleur provoquée par une stimulation normalement non douloureuse. L’allodynie peut être mécanique, induire par le toucher ou la pression légère. On distingue alors l’allodynie mécanique statique, par contact ou simple pression et sans déplacement du stimulus (méthodes de recherche : pointe mousse, monofilament de Von Frey) et l’allodynie mécanique dynamique, induite par le frottement avec déplacement du stimulus (méthode de recherche : pinceau). L’allodynie peut être thermique, induite par des stimulations froides ou chaudes modérées (méthodes de recherche : contact de tubes remplis d’eau froide ou chaude, rouleaux thermiques (thermoroller), thermotest).

Analgésie

Terme générique qui décrit le fait qu’une intervention thérapeutique soulage une douleur. De façon plus restrictive, absence de douleur en réponse à un stimulus normalement douloureux.

Anesthésie

Absence de sensation (perception sensitive) suite à une stimulation, douloureuse ou non.

Anesthésie douloureuse

Douleur perçue dans une zone ou une région siège d’une anesthésie cutanée.

Antalgie

Terme générique qui décrit le fait qu’une intervention thérapeutique a soulagé une douleur.

Antalgiques

Substances diminuant ou supprimant la douleur par une action périphérique ou centrale.

Antalgiques centraux

Substances diminuant ou supprimant la douleur par une action centrale. Les principaux antalgiques centraux sont les opioïdes qui, après liaison aux récepteurs opioïdes, essentiellement de type U bloquent la transmission du message douloureux au niveau du système nerveux central (moelle épinière et tronc cérébral surtout).

Antalgiques périphériques

Substances diminuant ou supprimant la douleur par une action périphérique. Les principaux antalgiques périphériques sont les antalgiques usuels et les anti-inflammatoires non stéroïdiens, qui agissent en inhibant la synthèse des prostaglandines par inhibition des cyclo-oxygénases. Le paracétamol est un antalgique traditionnellement considéré comme périphérique, alors que de nombreux arguments plaident aujourd’hui pour une action centrale.

Antidépresseurs tricycliques

Substances amines tertiaires ou secondaires ayant un effet antidépresseur par une inhibition de des monoamines
(sérotonine et noradrénaline). Cette action pharmacodynamique
est supposée être également l’origine de leur effet antalgique intrinsèque
dans les douleurs neuropathiques, au travers du renforcement de certains
contrôles descendants. Alors que les antidépresseurs tricycliques ont une
action thymo-analeptique et antalgique par des mécanismes variés non
encore complètement connus, il noter que les IRSS ont uniquement
une action thymo-analeptique par inhibition spécifique de la recapture de
la sérotonine, alors que d’autres antidépresseurs non tricycliques dits
IRS-NA ont une action thymo-analeptique et pour certains également
antalgiques par inhibition de la sérotonine et de la noradrénaline.

Antiépileptiques

L’effet antalgique reconnu de certains antiépileptiques ne concerne que les douleurs neuropathiques. Il s’agit d’un effet intrinsèque, repos am sur des mécanismes pour la plupart encore mal connus, mais probablement les mêmes que ceux expliquant leurs effets antiépileptiques.

B

Bloqueurs des canaux sodiques

Substances non antiépileptiques, diminuant ou supprimant le fonctionnement des canaux sodiques, permettant ainsi d’inhiber la conduction nerveuse et les décharges ectopiques.
Ces substances sont avant tout représentées par les anesthésiques
locaux et les anti-arythmiques de classe 1b (mexilétine).

C

Canaux ioniques

Protéines situées sur la membrane des neurones et des fibres nerveuses, présentant un pore central perméable à certains ions (calcium, potassium, sodium, chlore), jouant un rôle clé dans l’excitabilité neuronale et la conduction nerveuse.

Causalgie

Syndrome douloureux intéressant le plus souvent un membre, associant une brûlure continue, une allodynie mécanique dynamique ou statique, et une hyperalgésie supertÎcielie et profonde. La causalgie est consécutive à une lésion nerveuse partielle le plus souvent traumatique, très souvent associée un dysfonctionnement vasomoteur et sudoral évoluant vers des troubles trophiques. Synonyme : syndrome douloureux régional complexe de type II (CRPS II pour Comptex Regio/Uzl Pain Syndrom type II).

Co-antalgiques

Appellation anciennement utilisée pour caractériser des substances n’appartenant pas aux antalgiques périphériques ou centraux et utilisées dans le traitement des douleurs, comme les antiépileptiques et les antidépresseurs tricycliques. Ce terme est aujourd’hui abandonné, car il fait méconnaître le potentiel intrinsèquement antalgique de certaines molécules.

Contrôle de porte ou gate-control

Théorie proposée en 1965 par Patrick Wall et Ronald Melzack, décrivant un mécanisme de contrôle de la douleur au niveau de la moelle épinière, selon lequel les fibres non nociceptives modulent négativement l’activation des neurones nociceptifs médullaires par les fibres nociceptives. Exemple classique de ce type contrôle, le massage ou le frottement d’une zone douloureuse sont souvent effectués spontanément.

Contrôles descendants

Systèmes neuronaux prenant naissance dans l’encéphale, notamment le tronc cérébral, qui modulent de façon physiologique l’intégration du message douloureux, en particulier à l’étage médullaire.

D

Décharges ectopiques

Activités électriques anormales des fibres nerveuses, la plupart du temps spontanées, qui naissent souvent au niveau des fibres lésées ou à leur proche voisinage. Elles sont dues à la présence de canaux ioniques synthétisés en excès en réaction à la lésion nerveuse.

Douleur

Sensation désagréable et expérience émotionnelle en réponse
à une atteinte tissulaire, réelle ou potentielle, ou décrite en ces termes.

Douleur de désafférentation

Définition identique à celle de la douteur neuropathique, ce dernier terme étant plus récent et employé aujourd’hui par la communauté médicale et scientifique.

Douleur neurogène

Définition identique à celle de la douleur neuropathique, ce dernier terme étant plus récent et employé aujourd’hui par la communauté médicale et scientifique.

Douleur neuropathique

Douleur secondaire à une lésion du système nerveux périphérique (douleur neuropathique périphérique) ou du système nerveux central (douleur centrale). Les douleurs neuropathiques peuvent être liées à des lésions très diverses, intéressant toujours les voies sensitives. Les caractéristiques cliniques de ces douleurs et leur réponse au traitement médicamenteux les distinguent de toutes les autres douleurs chroniques.

Douleur nociceptive

Différente de la douleur neuropathique. la douleur nociceptive est la douleur lésionnelle la plus courante. Secondaire à une stimulation des nocicepteurs en l’absence de lésion du système nerveux, elle est sensible aux antalgiques usuels.

Dysesthésies

Sensations cutanées anormales et désagréables, spontanées
ou provoquées (exemple : picotements désagréables). C’est le caractère
systématiquement désagréable qui permet la distinction avec les paresthésies, qui ne sont pas habituellement décrites en de tels termes.

E

Échelles de la douleur

Elles permettent l’autoévaluation par le patient d’un seul paramètre, l’intensité de la douleur : Echelle Verbale Simple (EVS), Echelle Visuelle Analogique (EVA, souvent couplée sur l’autre à une échelle numérique de 1 à 100), échelle numérique (EVN de Likert en 11 points de 0 à 10). Elles sont un moyen de communication simple, accessible à tous, validé, permettant de suivre l’évolution de la douleur chez un même patient. Elles peuvent permettre d’évaluer la douleur au moment présent, la douleur moyenne des dernières 24 heures, la douleur maximale et minimale ressenties au cours des dernières 24 heures, au moment d’un effort, etc. L’évaluation des douleurs paroxystiques est quand à elle complétée par la détermination du nombre et de la durée des paroxysmes quotidiens.

Éphapses

Contacts anormaux entre fibres nerveuses, secondaires à une lésion de ces fibres, à l’origine de véritables" courts-circuits » entre les différentes fibres.

Extra-lemniscal

Le système extra-lemniscal est le nom donné, par opposition il celui de système lemniscal, à l’ensemble des voies sensitives constituées des petites libres myélinisées et non myélinisées Ab et C véhiculant la sensibilité tactile et proprioceptive douloureuse et la sensibilité thermique. Au niveau central, ces fibres se regroupent en gros faisceaux appelés cordon antéro-latéral dans la moelle et lemnisque latéral dans le tronc cérébral.

F

Fibres A alpha (Aa) et A bêta (Ab)

Fibres myélinisées de gros diamètre qui véhiculent des informations non nociceptives (essentiellement sensibilité proprioceptive vibratoire, articulaire, et tactile).

Fibres A delta (Ad) et C

Fibres de petit diamètre, faiblement (fibres Ab) ou non myélinisées (fibres C), qui véhiculent les informations nociceptives.

H

Hyperalgésie

Réponse anormalement intense à une stimulation douloureuse. Elle peut être mécanique ou thermique (méthodes de recherche : piqûre, pression forte, tubes remplis d’eau très froide ou très chaude).

Hyperesthésie

Sensibilité accrue à toute stimulation douloureuse on non. Elle peut être mécanique ou thermique.

Hyperpathie

Phénomène douloureux anormal par sommation temporelle et spatiale, se traduisant cliniquement par une douleur provoquée souvent paroxystique et perçue au-delà de l’aire de stimulation, apparaissant avec un court délai de latence par rapport à l’application du stimulus, et persistant après répétition de celui-ci.

Hypoalgésie

Réponse diminuée de façon anormale (déficit sensitif) à une stimulation douloureuse (méthodes de recherche ; piqûre, pression forte, tubes remplis d’eau très froide ou très chaude).

Hypoesthésie

Sensibilité diminuée (déficit sensitif) à toute stimulation, douloureuse ou non. Ce déficit sensitif peut être tactile, thermique, vibratoire (méthodes de recherche : aiguille, monofilament de Von Frey, pointe mousse, coton, tubes remplis d’eau froide ou chaude, diapason) .

L

Lemniscal

Le système lemniscal est le nom donné à l’ensemble des voies sensitives constituées des grosses fibres myélinisées Aa et Ab véhiculant essentiellement la sensibilité tactile fine non douloureuse, la sensibilité vibratoire, et la sensibilité articulaire. Au niveau central, ces fibres se regroupent en gros faisceaux appelés cordon postérieur dans la moelle et lemnisque médian dans le tronc cérébral.

N

Neurochirurgie fonctionnelle

Dans le cadre du traitement des douleurs neuropathiques, les techniques de neurochirurgie fonctionnelle sont la stimulation médullaire (cordons postérieurs) ou la stimulation du cortex moteur.

Neurochirurgie lésionnelle

La neurochirurgie lésionnelle consiste à détruire chirurgicalement des structures impliquées dans la transmission des messages douloureux. Ses indications sont très précises. Dans la névralgie faciale dite essentielle, la technique la plus utilisée est la thermo-coagulation du ganglion de Gasser qui vise à détruire les fibres trigéminales nociceptives. Dans les avulsions plexiques ou la douleur suspendue des paraplégiques, la drezotomie (DREZ : Dorsal Root Entry Zone) peut être proposée pour détruire certaines racines dorsales au niveau de leur entrée dans la corne dorsale de la moelle épinière. Les autres techniques neurochirurgicales de destruction ne sont plus utilisées en pratique courante, sauf exceptionnellement dans le cadre des soins palliatifs.

Neuropathie

Pathologie du système nerveux périphérique qui peut intéresser un seul nerf (mononeuropathie - anciennement mononévrite), plusieurs nerfs (mononeuropathie multiple anciennement multinévrite),
ou plusieurs nerfs de façon bilatérale et plus ou moins symétrique
(polyneuropathie anciennement polynévrite).

Neurostimulation

Technique thérapeutique qui, par stimulation de certaines structures nerveuses, majorent les effets des différents contrôles inhibiteurs de la douleur. Selon le siège superficiel ou central de la stimulation, on distingue la stimulation transcutanée (NST) des stimulations médullaire ou centrale.
- Neurostimulation transcutanée : souvent appelée NST (TENS en
anglais), il s’agit d’une technique stimulant au travers de la peau les
fibres Aa et Ab afin de renforcer le mécanisme de contrôle de porte
au niveau de la moelle épinière.
- Neurostimulation centrale : la stimulation intéresse les cordons postérieurs
de la moelle épinière ou plus rarement le cortex moteur. Les autres sites de stimulation (thalamus) ne sont plus usités.

Névralgie

Au sens strict, douleur localisée dans le territoire sensitif d’un ou plusieurs nerfs. L’usage courant de terme est réduit à une douleur paroxystique en rapport avec la souffrance d’une structure nerveuse,
la plupart du temps périphérique.

Névrite

Processus inflammatoire intéressant un ou plusieurs nerfs. Ce
terme doit être réservé à une neuropathie dont le mécanisme physiopathologique est inflammatoire.

Névrome

Formation nerveuse anormale (bourgeon ou peloton constitué d’extrémités de fibres nerveuses), située en distalité, secondaire à une lésion nerveuse périphérique, le plus souvent post-chirurgicale (névrome cicatriciel), source de douleurs neuropathiques paroxystiques et provoquées.

NMDA (récepteur)

Type de récepteur membranaire aux acides aminés excitateurs impliqué dans la sensibilisation neuronale au niveau de moelle épinière. Le rôle de type de récepteur serait double dans la genèse de la douleur neuropathique : excitateur sur les neurones centraux nociceptifs, toxique sur les interneurones inhibiteurs.

Nocicepteurs.

Extrémités des fibres nerveuses spécialisées dans la transduction des stimulations en informations douloureuses, qui correspondent aux terminaisons périphériques dites libres des fibres nerveuses A6 ou C.

P

Paresthésies

Sensations cutanées anormales, non désagréables, spontanées
ou provoquées (exemple : fourmillements, picotements). C’est le
caractère non désagréable qui permet la distinction avec les dysesthésies.

Plasticité

Modifications morphologiques et/ou fonctionnelles du système nerveux secondaires à une lésion. Ce phénomène a été proposé au niveau de la moelle épinière et du cortex cérébral pour expliquer certaines douleurs neuropathiques. Au niveau de la moelle, après lésion nerveuse périphérique, certaines fibres Ab établiraient des contacts
synaptiques avec des neurones nociceptifs. Ainsi, les neurones nociceptifs normalement activés uniquement par des stimulations nociceptives,
pourraient être également activés par des stimulations tactiles non douloureuses, ce qui conduirait à l’allodynie tactile.

Q

Questionnaires non spécifiques

Divers questionnaires avec une liste de qualificatifs évaluent différentes dimensions de la douleur. Certains qualificatifs ont une valeur d’orientation diagnostique ou expriment l’intensité de la douleur et sa répercussion affective et émotionnelle. Certains questionnaires non spécifiques sont utiles et validés en pratique courante [Questionnaire Douleur de Saint-Antoine (QDSA) dont la version abrégée, facilement utilisable en consultation, explore avec les 9 premiers items le versant sensori-discriminatif de la douleur et avec les 7 derniers le versant affectif et émotionnel].

Questionnaires spécifiques

Les seuls questionnaires spécifiques des douleurs neuropathiques ayant fait l’objet d’une validation complète sont le DN4 pour l’aide au diagnostic et le NPSI (Neuropathic Pain Symptom Inventory) pour l’évaluation.

S

Sensibilisation centrale

Hyperexcitabilité des neurones nociceptifs centraux, en particulier de la moelle épinière, dom l’activité devient spontanée, le seuil de réponse à un stimulus abaissé. et la réponse augmentée. La sensibilisation centrale repose notamment sur la mise en jeu des récepteurs NMDA.

Sensibilisation périphérique

Les nocicepteurs sensibilisés ont une activité spontanée, un seuil de réponse à un stimulus abaissé, et une réponse augmentée. Ce phénomène s’observe surtout dans le cadre des douleurs nociceptives (par l’action des molécules inflammatoires), mais existe probablement dans certaines douleurs neuropathiques comme les algies post-zostériennes (pat mécanisme réactionnel à une lésion partielle).

Sympathique

L’existence de troubles vasomoteurs et trophiques au cours de certaines douleurs neuropathiques a fait évoquer l’implication du système nerveux végétatif et avancer le concept de "douleurs neuropathiques entretenues par le système sympathique". Ce concept est actuellement remis en cause.

Syndrome douloureux régional complexe

Le type 1 désigne la dystrophie sympathique ou algodystrophie, et le type II désigne la causalgie, qui se distinguent l’une de l’autre par respectivement l’absence ou l’existence d’une lésion d’un tronc nerveux. Cette distinction en deux types entre progressivement en usage, mais dans la pratique quotidienne, les termes classiques algodystrophie et causalgie restent toujours très utilisés.

T

Tinel (signe de)

Sensation le plus souvent électrique déclenchée par la percussion d’un nerf et perçue dans son territoire distal d’innervation. L’existence de ce signe n’est pas forcément pathologique, mais signe l’hypersensibilité du tronc nerveux à un stimulus mécanique.

Topographie

Les douleurs neuropathiques ont une topographie dite systématisée car correspondant au territoire d’innervation sensitive de la structure lésée. Cette localisation caractéristique est une indication précieuse pour le diagnostic neurologique. Le relevé de la topographie de la douleur sur des schémas corporels permet de préciser le territoire neurologique dans lequel se situe la séméiologie douloureuse spontanée et provoquée, ainsi que celui qui est siège des troubles objectifs de la sensibilité mis en évidence par l’examen clinique.

Troubles trophiques

Modifications loco-régionales cutanées, phanériennes, et musculo-aponévrotiques, secondaires à un dysfonctionnement du système nerveux végétatif.

Troubles vasomoteurs

Modifications de la réactivité vasculaire locorégionale en rapport avec un dysfonctionnement du système nerveux végétatif.

Topiques

Substances appliquées localement. Dans la douleur neuropathique, les principaux topiques sont à base de capsaïcine en préparation magistrale ou disponible en ATU, ou d’anesthésiques locaux en pommade ou compresse imprégnée disponible pour le moment en ATU.

Dernière mise à jour : 2011-05-12 16:31:35
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